Les morsures de vipère

 
 
Les morsures de vipère sont très rarement mortelles. Ne vous affolez pas. Ne posez jamais de garrot après une morsure de vipère!
 
 
 
 

Symptômes

La gravité des symptômes dépend de la quantité de venin injecté.

Une morsure n’entraîne pas nécessairement une injection de venin: en cas de morsure blanche ou sèche, la trace des crochets est visible sans réaction locale. Une infection peut se développer.

Beaucoup de morsures n’entraînent que des symptômes locaux.

Les symptômes surviennent entre une demi-heure et quelques heures après la morsure: douleur intense, gonflement autour de la morsure, nausées, vomissements, diarrhée, accélération du rythme cardiaque.  

Dans les cas graves, l’œdème s’étend au-delà du membre mordu et un état de choc ainsi que des saignements peuvent survenir.  

 
 
 
 

Traitement

Avant tout restez calme. Vous avez le temps de faire hospitaliser la victime. Beaucoup de morsures de vipère n’entraînent que des symptômes locaux.

Premiers soins sur place

  • Appelez le 112, une surveillance en milieu hospitalier est nécessaire dans tous les cas.

En attendant les secours:  

  • Désinfectez la plaie (lavez la plaie à l’eau et au savon puis utiliser un désinfectant).
  • Enlevez rapidement les bagues, les bracelets, les chaussures serrantes et tout ce qui peut entraîner une compression si un œdème (gonflement) se développe.
  • Appliquez un bandage (type bande Velpeau) sur le membre mordu en partant de la racine vers l’extrémité du membre en veillant à ne pas trop serrer le bandage, les pouls doivent rester palpables.
  • Mettez la victime au repos, immobilisez le membre atteint en le surélevant légèrement pour limiter le gonflement.

A ne surtout PAS faire:

  • Sucer la morsure, la cautériser, l’inciser ou poser un garrot aggrave les lésions.
  • L’utilisation d’un Aspivenin® (petite pompe d’aspiration) n’est d’aucune utilité.

A l’hôpital

Le traitement sera d’abord symptomatique: désinfection, antidouleurs (éviter l’aspirine), immunisation antitétanique si nécessaire, surveillance pendant un minimum de 24 heures s’il y a des signes d’envenimation.

Un sérum antivenimeux sera administré en fonction du grade d’envenimation. L’injection d’un antivenin n’est pas toujours nécessaire.

 
 
 
 

Toxicité

La vipère possède des crochets venimeux qui lui permettent d’injecter son venin pour immobiliser sa proie et en entamer la digestion.

La vipère possède des crochets venimeux qui lui permettent d’injecter profondément son venin pour immobiliser sa proie et en entamer la digestion.

Le venin est un cocktail complexe de protéines ayant des propriétés toxiques et enzymatiques. La présence d’enzymes protéolytiques rend la morsure douloureuse et entraîne des lésions tissulaires, des lésions des capillaires et des troubles de la coagulation. L’hyaluronidase facilite la dispersion du venin dans les tissus sous-cutanés. L’injection de venin provoque également dans l’organisme une libération d’histamine, de bradykinine, de prostaglandines et de sérotonine responsables des effets systémiques.

 
 
 
 

Risque

La gravité des symptômes dépend de la quantité de venin injecté.

Une morsure est plus grave chez l’enfant: la quantité de venin injectée par kilo de poids corporel est plus grande que chez l’adulte. 

Beaucoup de morsures sont des morsures sans injection de venin (morsures dites blanches ou sèches).

Aucun décès par morsure de vipère n’a été rapporté en Belgique ces dernières années.

 
 
 
 

En savoir plus?

Un aperçu scientifique des morsures de vipères se trouve dans l'article suivant : Vipera berus

La vipère péliade (Vipera berus) est le seul serpent venimeux présent en Belgique.

La vipère péliade est rare en Belgique. Elle ne se trouve que dans le bassin de la haute Meuse et en Campine anversoise.

La vipère péliade est un animal craintif et fuit la présence de l’homme. Elle mord lorsqu’elle se sent agressée. Des accidents surviennent lorsqu’on lui marche dessus ou qu’on la touche par mégarde en ramassant du bois ou en cueillant des baies. La plupart des morsures se produisent au niveau des pieds ou des mains. Une mesure simple de prévention est de ne jamais tenter d’attraper un serpent.

La vipère péliade est souvent confondue avec les deux autres espèces indigènes non venimeuses: la couleuvre à collier (Natrix natrix) et la couleuvre coronelle (Coronella austriaca).