Le point sur les détecteurs CO à usage domestique

Le CO est un gaz inodore, incolore et insipide et n’est pas irritant. Il ne peut pas être détecté par l’homme sauf si d’autres produits de combustion tels que des oxydes de soufre ou d’azote se dégagent en même temps. Un détecteur de CO a pour but de suivre la concentration de CO dans l’air et de déclencher un signal d’alarme lorsque la teneur en CO dépasse un certain seuil pendant un certain temps. La gravité d’une intoxication au CO est en effet déterminée par la concentration de CO dans l’air et la durée de l’exposition. 

Propriétés

Pour être fiable, un détecteur de CO doit présenter les propriétés suivantes: 

  • Un détecteur efficace ne doit pas se déclencher à de faibles concentrations comme dans un environnement où se trouvent des fumeurs mais avertir à temps du risque pour que la victime soit encore en état de réagir avant la survenue d’une faiblesse musculaire et d’une perte de connaissance.
  • Un détecteur CO ne doit pas réagir à la présence d’autres substances que le CO. Le détecteur fonctionne grâce à une cellule électrochimique. Cette cellule peut être sensible à des composants autres que le CO (des solvants par exemple) et donc déclencher des alarmes intempestives.
  • Le bon fonctionnement du détecteur au cours du temps doit être garanti malgré la présence de poussière (buanderie), de graisse (cuisine), d’humidité (salle de bains), de chaleur intense (à proximité d’un poêle à charbon) ou d’écarts de température importants (la cave, le grenier).
  • Un détecteur doit donner une alarme sonore quand la pile est plate mais aussi en cas de court-circuit, encrassement de la cellule ou si l’appareil doit être recalibré ou remplacé.
  • En cas d’installation conjointe de détecteurs de CO et de détecteurs de fumée, il est important de pouvoir distinguer l’un de l’autre les signaux d’alarme émis par les deux appareils. Les mesures à prendre sont radicalement différentes: en cas d’intoxication au CO, il faut ouvrir les fenêtres et ventiler au maximum, en cas d’incendie il faut éviter l’activation du feu naissant!

Normes

Les détecteurs CO à usage domestique doivent satisfaire aux normes suivantes:

  • NBN EN 50291: méthodes d'essais et prescriptions de performances des appareils électriques pour la détection de monoxyde de carbone dans les locaux à usage domestique. Cette norme a connu plusieurs adaptations en 2001 (NBN EN 50291:2001), 2010 (NBN EN 50291-1:2010) et en 2012 (NBN EN 50291-1/A1). 
  • NBN EN 50292: guide de sélection, d’installation, d’utilisation et de maintenance des appareils électriques pour la détection de monoxyde de carbone dans les locaux à usage domestique.

La norme NBN EN 50291 spécifie un certain nombre d’exigences de sécurité:

  • La sensibilité à des concentrations de CO de 30, 50, 100 et 300 ppm
    • à 30 ppm, le détecteur ne peut pas réagir dans les 120 min.
    • à 50 ppm le détecteur doit réagir entre 60 et 90 min.
    • à 100 ppm le détecteur doit réagir entre 10 et 40 min.
    • à 300 ppm le détecteur doit réagir en moins de 3 min. 
  • La sensibilité en cas de concentration élevée de 5000 ppm (réaction dans les trois minutes) et l’efficacité après cette exposition de courte durée. 
  • La sensibilité à différentes concentrations de CO en cas de températures aussi bien basses qu’élevées et d’humidité variante. 
  • La sensibilité en cas de gaz interférant (ex . CO2, H2, NO, …).

Un détecteur de CO

En pratique

Dans une étude réalisée en 2006, le SPF économie a vérifié si les détecteurs de CO sur le marché en Belgique satisfaisaient à la norme NBN EN 50291. A l’époque, un seul des six détecteurs testés donnait satisfaction. Les autres ont été retirés du marché.
En 2009, cette étude a été refaite. Deux des 11 détecteurs testés étaient tout à fait conformes à la norme. Trois détecteurs ont été retirés du marché, la vente de cinq détecteurs a été interrompue. Un fabricant a reçu un avertissement. 

Un détecteur CO conforme à la norme et qui peut donc porter le label CE est de bonne qualité. Il ne sera néanmoins pas efficace dans tous les cas:

  • Dans un très petit espace comme une salle de bains, le taux de CO dans l’air peut augmenter de manière exponentielle. Au moment du déclenchement de l’alarme, 3 minutes après le dépassement du seuil de 300 ppm, la concentration de CO dans l’air peut avoir atteint un niveau provoquant une perte de conscience chez la victime qui ne pourra pas se mettre en sécurité.

  • La résistance aux graisses et à la poussière ne figure pas dans la norme.

En Belgique,le prix d’un détecteur CO à usage domestique varie entre 30 et 80 Euros.

Etant donné la toxicité du CO à très faible concentration, il faut prévoir l’installation d’un détecteur de CO dans chaque pièce où il y a un appareil de chauffage ou de production d’eau chaude qui utilise du combustible (bois, charbon, gaz, pétrole, mazout), ainsi que dans chaque local traversé par un conduit de cheminée. Cela multiplie évidemment le nombre de détecteurs à acquérir. De plus, les détecteurs CO doivent être remplacés régulièrement.

En résumé:
  • Le placement d’un détecteur n’a pas d’action sur la formation de CO et n’empêche donc pas la survenue d’une intoxication.
  • Le placement de détecteurs CO ne vous dispense pas d’observer les autres mesures de prévention (installation correcte, entretien régulier des appareils et des cheminées).

Les détecteurs de CO peuvent donner un faux sentiment de sécurité:

  • Un grand nombre de détecteurs sur le marché ne sont pas conforme aux normes.

  • Les détecteurs conformes aux normes n’offrent pas de protection en cas de dégagement rapide d’une grande quantité de CO lorsque la victime n’a plus la force nécessaire pour quitter la pièce.

Ces remarques ne concernent pas les détecteurs destinés aux professionnels: ces appareils coûtent entre 250 et 500 €. Ils ont une durée de vie limitée et la plupart doivent être remplacés après 2 ou 3 ans. Pour certains appareils, le fabricant prévoit un calibrage périodique, en moyenne deux fois par an.