Administrer les médicaments en toute sécurité : lire la notice

Les médicaments se présentent sous de nombreuses formes différentes. Il existe par exemple des médicaments que l’on avale, comme des comprimés, des gélules, des sirops, des comprimés orodispersibles, des gouttes ou des ampoules. Mais il existe aussi des médicaments que l’on applique sur la peau ou qui sont absorbés à travers la peau, comme les pommades, les désinfectants ou les pansements.

Surtout si vous devez utiliser beaucoup de médicaments ou si leur utilisation est assez compliquée, il peut arriver que vous vous trompiez de quantité ou de mode d’administration.
Il est donc préférable de lire attentivement la notice afin de prendre la bonne dose d’un médicament donné et l’administration se fait correctement.

N’hésitez pas à demander conseil à votre pharmacien ou à votre médecin pour un bon usage des médicaments.
En cas de suspicion d’intoxication, contactez immédiatement le Centre Antipoisons (070 245 245).

Contenu

  • Risques
    • Médicaments à boire
    • Médicaments que l’on applique sur la peau
    • Médicaments que l’on écrase, ouvre ou casse
  • Prévention
    • Dispositifs de dosage pour médicaments buvables
    • Médicaments que l’on applique sur la peau
    • Médicaments que l’on écrase, ouvre ou casse

Risques

Comment des erreurs peuvent-elles se produire ? Quelques exemples.

Médicaments à boire (sirops antitussifs, antibiotiques, antalgiques, etc.)

Ces médicaments sont plus faciles à avaler pour les enfants et les personnes âgées. Ils sont également plus simples à doser.

Les médicaments buvables doivent de préférence être administrés à l’aide d’un dispositif de dosage, tel qu’un gobelet, une cuillère doseuse, une seringue doseuse ou une pipette. Ce dispositif de dosage est souvent fourni dans l’emballage avec le médicament. C’est justement avec ces dispositifs de dosage que se produisent la plupart des erreurs : aussi bien le sous-dosage (risque de perte d’efficacité) que le surdosage (risque d’intoxication) sont fréquents.

Quelques exemples :

  • Cuillères doseuses : l’utilisation d’une cuillère ordinaire (à soupe ou à café) est déconseillée, car elles ont toutes un volume différent. Les cuillères doseuses portent bien des graduations indiquant le bon volume, mais ces graduations sont souvent difficiles à lire.
  • Seringues ou pipettes : parfois le dosage est indiqué en fonction du poids (kg), parfois en millilitres (ml), et parfois même en une combinaison des deux. De plus, chaque médicament est souvent fourni avec sa propre seringue ou pipette spécifique. Le fait que le dosage ne soit pas toujours clairement lisible n’arrange rien.
  • Pompe doseuse : cette pompe délivre une certaine quantité de médicament lorsqu’on appuie dessus. La différence avec de simples gouttes n’est pas toujours facile à comprendre. Par exemple, le médecin prescrit 5 gouttes (équivalant à une pression sur la pompe doseuse), mais le patient comprend à tort qu’il faut appuyer 5 fois, ce qui entraîne un surdosage.
  • Différentes formes de médicaments peuvent contenir des concentrations différentes de principe actif. Ainsi, les gouttes sont souvent plus concentrées que les sirops. Cela signifie que la quantité à prendre n’est pas la même. Continuer à prendre la même quantité lors du passage d’un sirop (moins concentré) à une forme en gouttes (plus concentrée) peut, par exemple avec les morphines antalgiques, provoquer une intoxication grave.
  • Utiliser un dispositif de dosage d’un médicament pour un autre médicament. Les dispositifs de dosage ne sont pas interchangeables en raison des différences d’échelle de graduation (voir aussi les seringues ou pipettes).

Médicaments que l’on applique sur la peau

Certains médicaments sont administrés sous forme de timbre transdermique, comme les antalgiques morphiniques (fentanyl), les traitements de la maladie d’Alzheimer, les médicaments contre les troubles urinaires, les produits de sevrage tabagique (nicotine), etc.

Les problèmes possibles peuvent être :

  • Surdosage lors de l’utilisation de plusieurs timbres en même temps ou lors de l’application d’un nouveau patch sans avoir retiré l’ancien. Ces timbres sont souvent petits et transparents, donc difficiles à voir. Il est donc important d’y prêter une grande attention.
  • Des intoxications ont été rapportées chez des enfants et des animaux qui mettent en bouche des timbres tombés au sol ou traînant à portée de main.

Médicaments que l’on écrase, ouvre ou casse

Parfois, on ouvre ou on écrase des médicaments pour les rendre plus faciles à avaler.
Cela n’est pas sans danger, car une manipulation inadéquate peut modifier l’absorption de ces médicaments dans l’organisme.

Les problèmes possibles sont :

  • Certains médicaments possèdent un enrobage qui permet une libération progressive de la substance active (les formes dites « retard »). Écraser, ouvrir ou casser ces médicaments peut entraîner un effet trop fort ou, au contraire, trop faible (disparition trop rapide du médicament dans l’organisme). Pour les médicaments dont l’écart entre la dose efficace et la dose toxique est faible, ou dont la dose doit être réglée avec précision, il est absolument interdit de les casser, écraser ou ouvrir.
  • Certains médicaments sont enrobés d’une couche gastro-résistante (« enrobage entérique »). Si cette couche est endommagée, le médicament est dégradé par les sucs gastriques. La surface de l’estomac étant trop petite, cela ne conduit toutefois pas à un surdosage, mais à une perte d’efficacité.
  • Le contenu de certaines gélules peut être irritant. Ouvrir une gélule et avaler directement la substance peut provoquer des douleurs ou des irritations au niveau de la bouche, de la gorge et de l’œsophage.
  • La forme active d’un médicament peut se modifier lors d’une exposition directe à la lumière ou à des aliments.
  • Couper ou casser un comprimé en deux ne garantit pas que chaque moitié contienne exactement la moitié de la substance active.
  • Identifier un médicament écrasé est difficile.
  • Les médicaments ne doivent jamais être croqués ni laissés à fondre dans la bouche, sauf s’ils sont spécifiquement conçus à cet effet.

Prévention

Dispositifs de dosage pour médicaments buvables.

  • Lisez attentivement la notice avant utilisation : vous y trouverez des instructions pour la bonne utilisation d’un dispositif de dosage.
  • N’utilisez pas de cuillères ordinaires (cuillère à soupe, cuillère à café) pour administrer un sirop.
  • Conservez le médicament et le dispositif de dosage dans l’emballage d’origine.
  • Ne donnez pas deux sirops en même temps, afin d’éviter de confondre les pipettes doseuses.
  • Vérifiez la quantité de liquide avant de l’administrer.

Médicaments que l’on applique sur la peau

  • Pas tous les patchs ne peuvent être découpés. Consultez toujours votre pharmacien ou votre médecin avant de le faire.
  • Faites attention lorsque vous utilisez différents types de patchs en même temps. Conservez les patchs dans leur emballage d’origine.
  • Lors du retrait d’un patch, celui-ci doit être jeté avec soin, de préférence dans une boîte prévue à cet effet (par exemple, une petite boîte pour les déchets médicaux). Cela garantit que personne d’autre ne peut utiliser ou faire un mauvais usage du patch.
  • Conservez les patchs en lieu sûr, hors de portée des enfants et des animaux.
  • N’oubliez pas de noter la date d’application sur le patch, de préférence avec un marqueur indélébile.

Médicaments que l’on écrase, ouvre ou casse

  • Demandez conseil à votre médecin ou votre pharmacien avant de commencer à expérimenter vous-même en écrasant un médicament. Le médecin peut éventuellement prescrire le médicament sous une autre forme.

Version 2/2026