Les problèmes de santé dus à un surdosage de compléments alimentaires légaux sont rares
La consommation de compléments alimentaires tels que vitamines ou préparations à base de plantes connaît un succès croissant. Ces produits en vente libre, souvent présentés comme étant d’origine naturelle, sont perçus comme inoffensifs. Ce n’est pas toujours le cas. Bien que les problèmes de santé soient rares, il vaut mieux se méfier des compléments non reconnus achetés sur Internet ou auprès de sociétés de vente par correspondance. Et il est préférable de tenir les compléments alimentaires hors de portée des enfants.
Que sont les compléments alimentaires ?
Un complément alimentaire est un aliment présenté sous une forme prédosée (capsules, pastilles, comprimés, …) destiné à compléter l’alimentation normale.
Ils contiennent un ou plusieurs nutriments ou d’autres substances ayant un effet nutritionnel ou physiologique. Beaucoup de personnes utilisent des compléments alimentaires pour mieux se protéger contre des problèmes de santé.
Avant qu’un complément alimentaire puisse être commercialisé dans notre pays, la conformité de sa composition avec la législation est vérifiée et un numéro de notification est attribué. Ainsi, par exemple, un produit peut être refusé lorsque la teneur en certaines vitamines dépasse les normes légales. Ou lorsqu’une préparation à base de plantes contient une espèce interdite comme denrée alimentaire (plus d’informations à ce sujet sur le site du SPF Santé publique: SPF Santé.)
Contrairement aux médicaments, les compléments alimentaires n’ont pas à fournir de preuve d’efficacité lors de leur demande d’autorisation. Cela signifie également qu’ils ne peuvent pas revendiquer certaines allégations (par ex. x® guérit la toux, la diarrhée, …) ni les mentionner sur leur emballage. Ce contrôle relève de l’AFMPS.
Les compléments alimentaires sont cependant de plus en plus souvent achetés via Internet. La prudence est donc de mise. Il existe une multitude de sites et boutiques en ligne frauduleux (souvent étrangers) qui proposent des produits illégaux et/ou contrefaits. Ces compléments peuvent contenir des substances interdites et leur composition est souvent douteuse. Soyez donc très critique si vous commandez un produit en ligne.
Un achat via un site internet de pharmacie agréée (liste consultable sur le site de l’AFMPS: Pharmacies sur internet | AFMPS) offre les mêmes garanties qu’un achat chez votre pharmacien.
Quelles catégories de compléments alimentaires existe-t-il ?
On peut classer les compléments alimentaires en différentes catégories :
Vitamines et minéraux
Ce sont les compléments les plus utilisés. Les problèmes de santé dus à un surdosage sont rares. Ils apparaissent généralement après une prise de fortes doses pendant une longue période. C’est le cas, par exemple, du fer, dont un excès peut endommager le foie. Les vitamines liposolubles comme A, D, E et K peuvent s’accumuler dans l’organisme. Un excès de vitamine A peut entraîner une « hypervitaminose A ». Les symptômes incluent une perte d’appétit, une baisse de la vision, des maux de tête, des nausées, de la fatigue, des étourdissements, des douleurs musculaires, une perte de cheveux et/ou des rougeurs et une desquamation de la peau. Une surdose prolongée de vitamine A peut se produire si l’on consomme plus de 3.000 microgrammes/jour (soit 10.000 U.I. de vitamine A sous forme de rétinol) sur une longue durée. À doses plus élevées, des lésions hépatiques peuvent également apparaître.
Pendant la grossesse, un excès de vitamine A peut endommager le fœtus. Il est recommandé de ne pas dépasser une dose de 5.000 U.I. de vitamine A par jour.
Un excès prolongé de vitamine D peut provoquer des nausées, une somnolence, une perte d’appétit et de la constipation. Les effets néfastes d’un surdosage ponctuel en vitamine D sont toutefois très rares.
Sans indication médicale, ces compléments sont superflus. Le corps n’a pas besoin d’un excès de vitamines, et une alimentation saine et variée suffit généralement à couvrir les besoins.
Compléments alimentaires à effet calmant
Des substances comme la valériane, la mélatonine et le millepertuis sont utilisées contre le stress et l’insomnie. Un surdosage ne provoque jamais de problèmes de santé. En revanche, le millepertuis ne doit jamais être associé à d’autres médicaments sans avis médical, car il influence fortement leur action : il diminue par exemple l’efficacité contraceptive de la pilule et l’efficacité thérapeutique de certains antiépileptiques, de l’oméprazole, de la digoxine, etc. Demandez donc toujours conseil à votre médecin ou à votre pharmacien !
Compléments « boosteurs de performance » / brûleurs de graisses / préparations amaigrissantes
Il s’agit généralement de mélanges d’extraits de plantes auxquels on attribue ces propriétés. Il s’agit souvent de produits à base de caféine, théine ou p-synéphrine, d’origine végétale ou non (guarana, thé vert, écorce d’orange amère, …). Les préparations étrangères peuvent toutefois contenir des substances interdites en Belgique, comme les alcaloïdes de l’éphédra, la sibutramine, … Une utilisation inappropriée de ces produits peut avoir un effet stimulant marqué sur l’organisme, avec parfois des effets indésirables tels que des troubles de la tension artérielle et du rythme cardiaque.
• Compléments augmentant la libido
Une très grande majorité de compléments sont proposés à cette fin. Lors d’achats via des sites non agréés, des analyses ont montré que ces produits contiennent souvent au moins une substance pharmaceutique non mentionnée sur l’étiquette. Il s’agit surtout de molécules structurellement proches du sildénafil et de ses analogues, mais qui n’ont pas été testées en termes de sécurité ou d’efficacité. En outre, ils sont souvent fortement dosés, ce qui accroît le risque de surdosage.
Risques
Les jeunes enfants ingèrent souvent par accident des compléments alimentaires laissés à leur portée. Gélules ou capsules sont avalées comme des bonbons. La prise d’une grande quantité de fer peut être dangereuse.
D’autres cas auxquels le Centre Antipoisons est parfois confronté concernent des adultes présentant des symptômes suite à l’utilisation d’un produit stimulant ou brûleur de graisse de composition incertaine. Au bout de longues recherches il s’avère quasi toujours que le produit contient des substances trop dosées ou des ingrédients dangereux interdits tels que le 2,4 dinitrophénol.
Prévention
Si malgré tout vous devez prendre des compléments alimentaires, il est important de tenir compte des recommandations suivantes :
- Limitez la consommation à une quantité minimale. Utilisez comme référence les apports alimentaires recommandés. Le terme « AJR » (Apport Journalier Recommandé) sur l’emballage correspond à la quantité fixée pour couvrir les besoins de la majorité de la population pour une vitamine ou un minéral donné.
- N’achetez rien via un site internet non agréé ou des sociétés de vente par correspondance, car vous n’avez alors aucune garantie sur la composition du produit.
- Ne croyez jamais aveuglément les mentions « naturel » ou « biologique ». Cela ne garantit pas l’innocuité d’un produit.
- Informez toujours votre médecin et votre pharmacien si vous prenez des compléments alimentaires. En effet, les vitamines et minéraux peuvent interagir avec d’autres médicaments. Par exemple, la vitamine K influence l’action de certains anticoagulants. Le calcium et le fer peuvent affecter l’absorption des antibiotiques et des médicaments pour la thyroïde.
Version 9/2025