Puis-je détenir un serpent?

Que vous soyez ou non un amateur de serpents, une morsure d’un de ces reptiles peut avoir de sérieuses conséquences, avec ou sans envenimation. Rien qu’en Europe, 8.000 à 10.000 personnes en font chaque année l’expérience. Les cas mortels sont heureusement rares (1).

Le Centre Antipoisons déconseille vivement d’adopter un serpent venimeux comme animal de compagnie: la morsure de nombreux serpents exotiques peut être mortelle. Par ailleurs, de nombreuses espèces sont protégées. Si malgré tout vous décidez d’héberger un reptile voici un aperçu de la règlementation en vigueur.

La législation

Il existe une législation à différents niveaux à laquelle il est nécessaire de se conformer. Tout d’abord, il convient de respecter les règles internationales et européennes. De plus, en Belgique, les régions imposent des restrictions supplémentaires concernant les espèces que l’on peut acheter, garder, élever et commercialiser. Par ailleurs, certaines espèces animales nécessitent également l’obtention d’un permis d’environnement.

La liste CITES

Premièrement, il est conseillé de consulter la liste CITES des espèces animales et végétales menacées(2). CITES, qui signifie « Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction », est un accord international visant à réglementer et à contrôler le commerce mondial des animaux et des plantes sauvages, afin d’assurer la survie de ces espèces. Les espèces incluses dans cet accord sont classées en trois catégories : les espèces de l’Annexe 1 sont les plus menacées et peuvent être échangées uniquement dans des cas exceptionnels. En revanche, les espèces des Annexes 2 et 3 ne sont pas directement menacées d’extinction et sont soumises à des règles plus flexibles. Sur base de cette convention, l’Union européenne a établi sa propre législation, qui va encore plus loin et inclue un plus grand nombre d’espèces. Le règlement de l’UE comprend quatre annexes (A, B, C, D) basées sur le niveau de protection des espèces. Vous pouvez consulter la liste, qui englobe les catégories CITES et européennes, sur le site web de Species+ (3). De plus, certaines espèces de serpents sont également protégées au niveau local. Par exemple, il est interdit de capturer (et de garder) une vipère belge sans autorisation.

 

Un exemple

Prenons un exemple. La liste CITES permet d’importer un python royal (Python regius) sous certaines conditions. Cette espèce est actuellement inscrite à l’Annexe B du règlement européen. Quelles sont les principales exigences ? L’achat ne doit pas constituer une menace pour la survie de l’espèce, et une autorisation d’importation peut être exigée par la législation nationale concernée. Est-ce le cas en Belgique ? Oui, sauf si la transaction a lieu au sein de l’Union européenne. Dans ce cas, une autorisation d’importation n’est pas nécessaire. De plus, un registre CITES d’arrivée et de départ doit être tenu, ainsi qu’une preuve de l’origine légale du serpent. Si le python royal est importé depuis l’extérieur de l’UE, une demande doit être soumise au service CITES de l’administration fédérale (4).

Dans notre pays

Toute personne souhaitant détenir des serpents dans notre pays doit également prendre en considération la législation régionale suivante, même si ces serpents ne figurent pas sur les différentes listes des espèces protégées.

La Flandre

En Flandre, les reptiles que vous pouvez détenir et/ou commercialiser librement figurent sur la liste positive. Les reptiles non inscrits sur cette liste ne peuvent ni être échangés ni détenus. Cette liste comprend des lézards, des serpents et des tortues. Vérifiez ici si votre reptile y figure. Elle est en vigueur depuis le 1er octobre 2019. Les animaux non répertoriés peuvent être gardés si vous les possédiez avant cette date et pouvez en fournir la preuve. Pour plus d’informations, consultez ce lien.

 

En savoir plus: https://www.vlaanderen.be/dierenwelzijn

La Wallonië

En Wallonie, une liste positive a également été établie entre 2020 et 2024, mais elle a été temporairement supprimée. Actuellement, seules les règles CITES et la législation environnementale locale s’appliquent. Pour les serpents venimeux, un permis de classe 2 est généralement requis. De plus, la détention de serpents venimeux australiens a été interdite par le gouvernement wallon en 2014 (5).

 

En savoir plus: https://bienetreanimal.wallonie.be

La région de Bruxelles-Capitale

Dans la région de Bruxelles-Capitale, une liste positive est en vigueur depuis le 1er juin 2021. Seuls les reptiles mentionnés sur cette liste peuvent être gardés comme animaux de compagnie. Sous certaines conditions, il est possible de conserver un animal interdit acquis avant cette date. Pour plus d’informations, consultez ce lien.

En savoir plus: https://environnement.brussels/citoyen/lenvironnement-bruxelles/veiller-au-bien-etre-animal

À propos des antidotes

Il est prudent de prendre des dispositions avec l’hôpital le plus proche lorsque vous détenez des serpents venimeux (par exemple, pour l’achat et le stockage d’un antidote rare). Assurez-vous d’avoir chez vous des coordonnées claires à contacter en cas d’urgence. Qui pouvez-vous appeler ? Qui est le médecin responsable ? Qui connaît votre situation personnelle ? Il est essentiel que, en cas d’urgence, les intervenants puissent identifier rapidement les serpents présents, afin d’éviter toute perte de temps lors de cette étape cruciale. Nous déconseillons l’achat d’antidotes par vous-même. Ceux-ci ne sont pas toujours nécessaires et il est préférable de les conserver à l’hôpital : cela garantit des conditions de stockage adéquates et facilite leur disponibilité immédiate au bon endroit (l’hôpital !). De plus, tous les antidotes ne respectent pas les exigences en matière d’efficacité et de sécurité, ce qui peut être difficile à évaluer pour un non-expert : il est donc nécessaire de consulter un spécialiste.

 

Cliquez pour plus d’informations sur les morsures de vipères et leur traitement (destinées aux professionnels de santé).

 

Sources

Version 10/2025