N’essayez en aucun cas de lutter vous-même contre la chenille processionnaire
Lors d’une utilisation incorrecte des insecticides ou d’un nettoyage à haute pression, on crée plus de problèmes que l’on en résout. Les poils urticants peuvent rester actifs jusqu’à 10 ans après la mort des chenilles. S’ils sont disséminés dans l’environnement lors de la lutte antiparasitaire, ils peuvent causer des nuisances pendant de nombreuses années.
Laissez la lutte antiparasitaire aux services spécialisés (appelez votre administration communale pour cela). La méthode la plus efficace consiste à brûler ou à aspirer les chenilles et leurs nids, de préférence tôt dans la saison, lorsque les poils urticants ne sont pas encore développés.
Traitement
Les premiers soins en cas de contact avec les chenilles processionnaires dépend du type de contact et de la gravité des symptômes.
Les personnes qui, en plus des signes locaux, présentent des symptômes généraux tels que malaise, vertiges, vomissements, doivent être dirigées vers un hôpital.
En cas de contact cutané
- Retirer immédiatement les vêtements, les manipuler avec des gants et les laver à ≥ 60 °
- Laver soigneusement la peau et les cheveux avec de l’eau et du savon, puis sécher à l’air chaud.
- Retirer les poils fixés sur la peau à l’aide de ruban adhésif. Brosser soigneusement les cheveux si nécessaire.
- Utiliser des compresses froides ou de la glace pour soulager les démangeaisons ; un antihistaminique peut être prescrit par un médecin.
- Éviter tout grattage afin de limiter la propagation et le risque d’infection.
En cas de contact oculaire
- Le rinçage doit idéalement être effectué par un ophtalmologiste après instillation d’un anesthésique local.
- Retirer tout poil visible ; les poils en profondeur peuvent nécessiter une extraction chirurgicale.
En cas d’inhalation
- L’évaluation des symptômes respiratoires se fait par un médecin. Celui-ci donne un traitement adapté aux symptômes. Le traitement comporte des antihistaminiques et/ou des corticoïdes et des aérosols ou des nébulisations.
En cas d’ingestion
- Diluer la quantité de poils ingérés en buvant un grand verre d’eau. On peut tenter d’enlever les poils de la muqueuse de la bouche en raclant prudemment à l’aide d’une spatule ou d’une compresse ou en les « épilants » à l’aide de papier collant.
- Une endoscopie sous anesthésie générale peut être nécessaire si les poils sont profondément implantés dans les muqueuses de la bouche, de la gorge ou de l’oesophage.
Symptômes
Les poils urticants peuvent provoquer divers troubles : éruptions cutanées, irritation oculaire, atteinte des voies respiratoires ou réactions allergiques.
Les symptômes durent généralement 1 à 2 semaines, mais dans certains cas, ils peuvent persister jusqu’à un mois.
- Contact avec la peau: apparition dans les huit heures suivant le contact, une éruption rouge et douloureuse (souvent avec papules ou vésicules), accompagnée de démangeaisons intenses, peut apparaître. Les poils peuvent se propager par la sueur, le frottement, le grattage ou via les vêtements. Les symptômes cutanés disparaissent généralement en moins de 72 heures.
- Contact avec les yeux: développement après 1 à 4 heures, une conjonctivite avec rougeur, douleur et larmoiement. Si les poils pénètrent profondément, ils peuvent provoquer une inflammation sévère pouvant, dans de rares cas, mener à une perte de vision.
- Contact par inhalation: les poils urticants irritent la gorge et les bronches, avec éternuements, maux de gorge, difficultés à avaler et parfois essoufflement.
- Contact par ingestion: il se produit une inflammation des muqueuses de la bouche et des intestins qui s’accompagne de symptômes tels que de l’hypersalivation, des vomissements et des douleurs abdominales.
Une personne qui a des contacts répétés avec la chenille processionnaire présente des réactions qui s’aggravent à chaque nouveau contact. Dans les cas sévères, il peut y avoir un choc anaphylactique mettant la vie en danger (urticaire, transpiration, oedème dans la bouche et la gorge, difficultés respiratoires, hypotension et perte de connaissance).
Toxicité
Les poils urticants, longs de seulement 0,2 à 0,3 mm, sont munis de petits crochets et peuvent être libérés par simple contact ou dispersés par le vent, atteignant parfois des personnes à plus de 100 m de l’arbre infesté. Chaque chenille possède des centaines de milliers de poils.
Par leur structure particulière, ces poils s’accrochent facilement aux tissus (la peau et les muqueuses) y provoquant une réaction urticarienne par libération d’histamine (substance aussi libérée dans les réactions allergiques).
Risques et prévention
Risques
La plupart des symptômes sont bénins et traitables de manière symptomatique. Toutefois, toute apparition de vomissements, fièvre ou vertiges justifie une consultation médicale. Les personnes exposées à plusieurs reprises présentent un risque accru de réactions sévères.
Prévention
Évitez tout contact avec la chenille elle-même ou avec ses nids, même anciens. Soyez attentif aux endroits où la chenille peut se trouver. Assurez-vous de bien couvrir votre corps. Ne vous asseyez pas au sol à proximité d’un arbre infestés. Après avoir été à proximité d’un arbre infestés, lavez votre peau et vos yeux à l’eau tiède.
Lavez également vos vêtements. Fermez portes et fenêtres et ne suspendez pas de linge à l’extérieur. N’essayez pas de combattre ou de retirer vous-même un nid de chenilles processionnaires. Faites appel à une organisation professionnelle (ou à la commune).
Éviter un second contact est très important pour les personnes déjà entrées en contact avec la chenille processionnaire, car à chaque nouvelle exposition, les réactions pourraient devenir plus sévères. Cela s’applique surtout aux personnes qui, par leur profession, passent beaucoup de temps dans les zones infestées. Dans ce cas, portez des vêtements de protection : gants et bottes en caoutchouc, combinaison complète, masque anti-poussière et lunettes de protection.
Mesures supplémentaires en zone à risque (mai à septembre)
- Ne pas sécher le linge dehors.
- Laver soigneusement les légumes du potager.
- Arroser la pelouse pendant quelques jours avant de la tondre pour que les poils urticants soient entraînés dans le sol.
- Protéger les enfants avec vêtements couvrants, casquette et lunettes solaires ; éviter qu’ils jouent près d’arbres infestés.
Les chiens sont particulièrement sensibles: éviter les zones infestées, maintenir l’animal en laisse, inspecter yeux, oreilles et langue après la promenade. Les poils dans le pelage peuvent être retirés avec du ruban adhésif ou par un rinçage à l’eau tiède. Consulter un vétérinaire si la langue est gonflée ou présente des lésions.
En savoir plus?
La chenille processionnaire (Thaumetopoea processionea) est la larve d’un papillon nocturne indigène, présent principalement dans les provinces d’Anvers et du Limbourg en Flandre. Ces chenilles vivent essentiellement sur les chênes, où elles construisent des nids, souvent situés sur la face ensoleillée du tronc. Ces nids sont composés de soie, de chenilles vivantes et mortes, de poils urticants et de déjections.
Les chenilles sont généralement actives de la mi-avril à la mi-juillet. Les désagréments liés à leurs poils urticants atteignent un pic entre le début du mois de juin et le mois d’août. Par la suite, elles se transforment en papillons.
Le nom « processionnaire » vient de leur mode de déplacement caractéristique : elles se déplacent la nuit en longues files indiennes, à la manière d’une procession, pour rechercher leur nourriture.
Références
- Institut national de santé publique et Ministère. Processionnaire du chêne. Disponible sur : https://www.rivm.nl/eikenprocessierups
- Province d’Anvers. Guide et gestion de la processionnaire du chêne. Disponible sur : https://www.provincieantwerpen.be/content/dam/provant/dlm/dmn/natuur-en-landschap/biodiversiteit/dieren-en-planten/eikenprocessierups/bestrijding/Leidraad%20beheer%20eikenprocessierups%202020.pdf
- Centre national d’information sur les intoxications (NVIC). Chenilles, papillons et mites (Lépidoptères européens). Disponible sur : https://www.vergiftigingen.info/f?p=300:STOFMONOGRAFIE:3542437901703:::RP,1210,1040::
- Rahlenbeck S, Utikal J. The oak processionary moth: a new health hazard? Br J Gen Pract. 2015 août; 65(637): 435-436. doi: 10.3399/bjgp15X686341. PMID: 26212843; PMCID: PMC4513735.