Les méduses les plus courantes sur la côte belge
Le long de notre littoral, on ne trouve aucune espèce de méduse mortelle pour l’homme. Cependant, un contact avec certaines d’entre elles peut être une expérience très désagréable.
Voici les principales espèces que l’on rencontre en mer du Nord, ainsi que quelques spécimens plus exotiques qui peuvent parfois dériver jusqu’à nos côtes.
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L’aurélie (Aurelia aurita)
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La méduse Rhisostome (Rhizostoma pulmo – syn. Rhizostoma octopus)
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La méduse rayonnée (Chrysaora hysoscella)
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La méduse cyanée bleue (Cyanea lamarckii)
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La crinière de lion (Cyanea capillata)
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La méduse à croix brune (Gonionemus vertens)
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La pélagia (Pelagia noctiluca)
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La physalie (Physalia physalis)
Méduses de nos côtes (et celles de nos voisins)
L’aurélie
Nom scientifique: Aurelia aurita
Nom commun FR: Aurélie ou Méduse lune
Nom commun NL: Oorkwal
Aurelia aurita, également connue sous le nom de méduse commune ou méduse lune, est peu urticante. On la rencontre généralement d’avril à septembre. Elle se distingue par son corps transparent, parfois teinté de bleu ou de rose, ainsi que par ses quatre organes reproducteurs en forme de fer à cheval, dessinant un trèfle à quatre feuilles.
Le contact avec ses tentacules peut rarement entraîner une irritation, les filaments urticants étant en général trop petits pour percer la peau humaine. Cependant, les zones où la peau est très fine (comme les lèvres et les paupières) peuvent présenter une réaction d’irritation.
La dangerosité de Aurelia aurita varie selon les régions du monde où elle est rencontrée : des envenimations sérieuses ont notamment été rapportées dans le golfe de Mexico et en Australie.
Le venin d’Aurelia aurita est allergisant et donne des réactions croisées avec les venins de Chrysaora, Cyanea, Chironex et Physalia.
La méduse rhisostome
Nom scientifique: Rhizostoma pulmo (syn. Rhizostoma octopus)
Nom commun FR: Rhizostome
Nom commun NL: Longkwal, zeepaddestoel
La méduse chou-fleur (Rhizostoma pulmo) a une ombrelle en forme de boule et peut atteindre jusqu’à 1 mètre de diamètre. De couleur bleu clair, son ombrelle est bordée d’un liseré bleu foncé. Elle ne possède pas de tentacules mais a quatre bras buccaux divisés en deux. Elle est présente d’août à novembre et s’échoue souvent en grand nombre à l’automne, bien que des spécimens aient également été observés récemment au printemps.
Elle est en général considérée comme inoffensive. Des réactions d’irritation de la peau (rougeur, démangeaisons) ont toutefois été signalées.
La méduse rayonnée
Nom scientifique: Chrysaora hysoscella
Nom commun FR: Méduse rayonnée ou Méduse boussole
Nom commun NL: Kompaskwal
La Chrysaora hysoscella, ou méduse boussole, est facilement reconnaissable grâce à ses 16 motifs en forme de V brun foncé sur le dessus de son ombrelle beige clair. Ce motif rappelle une rose des vents. L’ombrelle peut mesurer entre 10 et 30 cm de diamètre.
Cette méduse est régulièrement observée sur la côte belge entre mai et novembre.
Sous l’ombrelle se trouvent quatre bras oraux, mesurant de 20 à 60 cm. Le bord de l’ombrelle est de couleur brun foncé. Elle possède également 24 tentacules transparents, disposés autour de l’ombrelle, pouvant atteindre jusqu’à deux mètres de longueur.
Un contact avec ses tentacules peut être très douloureux pour l’homme, provoquant une sensation de brûlure, des démangeaisons et des marques rouges sur la peau ressemblant à des coups de fouet. La zone touchée peut également présenter de petites vésicules (cloques) et un œdème localisé (gonflement). Ces lésions cutanées disparaissent généralement après quelques heures.
Le méduse cyanée bleue
Nom scientifique: Cyanea lamarckii
Nom commun FR: Méduse chevelue, cyanée bleue
Nom commun NL: Blauwe haarkwal
La Cyanea lamarckii, ou méduse chevelue bleue, est l’espèce la plus fréquente sur la côte belge. Elle est présente de mars à août. Son ombrelle, plate et en forme de champignon, est de couleur bleu profond et peut atteindre un diamètre de 30 cm. Ses tentacules longs et fins peuvent s’étendre sur plusieurs mètres.
Le contact avec ses tentacules provoque une sensation de brûlure et une irritation comparable à celle des orties.
La crinière de lion
Nom scientifique: Cyanea capillata
Nom commun FR: Méduse crinière de lion
Nom commun NL: Gele haarkwal
La Cyanea capillata, ou méduse crinière de lion, est plus grande (jusqu’à 50 cm de diamètre) et plus toxique que la méduse bleue. Elle peut être incolore, jaune ou brune. Des centaines de tentacules, qui peuvent mesurer jusqu’à un mètre de long, pendent de son ombrelle.
Cette méduse n’est pas présente sur la côte belge, bien qu’elle y ait été observée exceptionnellement dans le passé.
Le contact avec la Cyanea capillata provoque une sensation de brûlure intense, suivie de douleurs aiguës, gonflement et rougeurs de la peau. La douleur et le gonflement disparaissent après quelques minutes, mais les stries rouge vif peuvent rester visibles pendant plusieurs jours. Des symptômes généraux tels que nausées, douleurs abdominales, transpiration excessive, et crampes musculaires peuvent également apparaître.
La méduse à croix brune
Nom scientifique: Gonionemus vertens
Nom commun FR: Méduse à croix brune
Nom commun NL: Japanse kruiskwal
En juin 2014 et en juillet 2018, la présence de Méduses à croix brune a été signalée dans le Spuikom à Ostende. Depuis, elle n’a plus été observée chez nous. Cette méduse est généralement aperçue dans des eaux salées partiellement fermées, ce qui explique également sa présence dans le Veerse Meer chez nos voisins néerlandais. La Méduse à croix brune est une petite méduse de 2 à 4 cm, originaire du Japon et de la mer d’Okhotsk. Elle se loge souvent parmi les algues. Son nom provient de la forme de croix visible sur son corps, correspondant à ses organes reproducteurs. Le bord de son ombrelle transparente est entouré de nombreux tentacules.
Le contact avec cette méduse peut être très douloureux, causant des lésions cutanées avec une sensation de brûlure, des rougeurs et parfois des vésicules (cloques).
Une publication plus ancienne rapporte que des baigneurs exposés uniquement à cette espèce ont présenté des symptômes généraux tels que : fatigue, douleurs musculaires et articulaires, fièvre et faiblesse généralisée. Il est possible que les symptômes observés dans les eaux d’origine de la méduse soient plus graves que ceux rapportés dans l’océan Atlantique.
Une réaction allergique peut également survenir, se manifestant par une rhinite, des larmoiements, de la toux, et des troubles respiratoires.
Le piqueur-mauve
Nom scientifique: Pelagia noctiluca
Nom commun FR: Piqueur-mauve
Nom commun NL: Parelkwal
Pelagia noctiluca, ou Piqueur-mauve, est une petite méduse de 10 cm de diamètre. Son ombrelle luminescente est teintée de rose ou de mauve, avec de petites taches brunes.
En septembre 1990, une invasion de Pelagia noctiluca a été observée pendant 3 jours le long de la côte belge.
Elle est commune en Méditerranée et dans certaines zones de l’océan Atlantique. Sa présence est régulièrement constatée sur le littoral atlantique français ainsi que le long des côtes écossaises et irlandaises. Dans les années 80, une prolifération de Pelagia noctiluca a été constatée le long des côtes adriatiques italiennes.
Des nématocystes sont présents non seulement sur les tentacules, mais aussi sur les bras oraux et sur l’ombrelle ; toute la méduse est donc venimeuse.
Le contact avec Pelagia noctiluca est douloureux et laisse sur la peau des lésions de forme parfois irrégulière (contact avec l’ombrelle) présentant l’aspect d’une brûlure. La zone touchée est rouge, gonflée et peut se couvrir de vésicules. L’éruption s’accompagne de démangeaisons et peut laisser des cicatrices hyperpigmentées (taches brunes). La douleur peut persister une à deux semaines.
Des symptômes généraux (vertiges, vomissements, diarrhée) sont rarement décrits. Des réactions générales de type allergique ont été rapportées (urticaire, difficultés respiratoires, bronchospasme, état de choc).
Une récidive de l’éruption peut survenir plusieurs semaines, voire plusieurs années, après le contact initial en dehors de tout nouveau contact avec une méduse.
Le venin du Piqueur-mauve a un potentiel antigénique plus élevé pour l’homme que celui d’autres méduses. Une réactivité croisée entre les venins de Pelagia et de Physalia a été rapportée.
La physalie
Nom scientifique: Physalia physalis
Nom commun FR: Physalie ou galère portugaise
Nom commun NL: Portugees oorlogsschip
Les physalies vivent habituellement dans les mers tropicales et subtropicales, mais peuvent être transportées par les vents sur de longues distances. La présence de Physalia physalis est signalée sur les côtes Sud-Ouest de l’Angleterre ainsi que sur les côtes françaises d’Aquitaine. Sa présence en mer du Nord est toutefois tout à fait exceptionnelle ; au début du mois de mars 2020, un spécimen s’est d’ailleurs échoué à Raversijde.
Physalia physalis, également connue sous le nom de Vessie de mer ou de Galère portugaise, n’est pas une véritable méduse mais un siphonophore, soit une colonie de polypes. De loin, elle ressemble à un ballon allongé et translucide. Au sommet, elle est pourvue d’une crête remarquable qui rappelle une voile. La partie supérieure mesure environ 20 cm et présente de magnifiques nuances de rose et de bleu.
Ce cnidaire dérive à la surface de la mer grâce à un flotteur rempli d’air. Il est également doté de tentacules pouvant atteindre jusqu’à 30 mètres de long. Ceux-ci peuvent se rompre et dériver au gré des vagues, les rendant peu visibles pour les baigneurs. Ces tentacules sont garnis de cnidocytes, des cellules urticantes capables d’injecter le venin. Les tentacules arrachés ou ceux d’un animal mort restent actifs pendant longtemps. Il est donc préférable ne pas toucher une Galère portugaise échouée.
Le contact avec une physalie provoque une douleur intense immédiate, des zébrures sur la peau et des démangeaisons. Des vésicules peuvent se former, et les lésions laissent parfois des cicatrices pigmentées (traces brunes). Après un délai de quinze minutes à une heure, des signes généraux de gravité variable peuvent se manifester : nausées, vomissements, accélération du pouls, douleurs dans la poitrine et l’abdomen, difficultés respiratoires, douleurs musculaires et articulaires, malaise, vertiges et fièvre. Une réaction allergique est également possible.
Comme pour le Piqueur-mauve (Pelagia noctiluca), une récidive de l’éruption cutanée peut survenir ultérieurement, sans aucun contact avec une méduse. De plus, une réactivité croisée entre les venins de Pelagia et Physalia a été observée.
Saviez-vous que la limace de mer Glaucus atlanticus raffole de la Galère portugaise ? Ce curieux petit animal est capable de stocker les cnidocytes non digérés de la méduse, vraisemblablement pour se défendre contre les prédateurs. Pour l’homme, cela ne représente aucun danger majeur ; les messages alarmistes sur Internet à ce sujet sont nettement exagérés. Cependant, il est préférable de ne pas y toucher.
Version 10/2026