Cherchez immédiatement une aide médicale en cas de surdosage de paracétamol

Le paracétamol est l’un des antidouleurs et antipyrétiques (médicament contre la fièvre) le plus utilisé au monde. Il est utilisé pour le traitement des formes légères et modérées de la douleur et/ou pour le traitement de la fièvre. On l’utilise par exemple en cas de grippe, de refroidissement, de mal de gorge, de maux de tête, de douleurs dentaires ou en cas de migraine, de douleurs menstruelles, …

Il est reconnu comme un médicament sûr pour les enfants, les personnes âgées et pendant la grossesse. Toutefois, un surdosage peut entraîner des problèmes : comme pour tout médicament, il est important de respecter les doses maximales.

En cas de suspicion de surdosage, il est important de ne pas attendre l’apparition de symptômes. Si vous avez ingéré trop de paracétamol, prenez immédiatement contact avec votre médecin, votre pharmacien ou le Centre Antipoisons.

Que faire en cas de surdosage de paracétamol ?

Si vous avez ingéré trop de paracétamol, prenez immédiatement contact avec votre médecin, votre pharmacien ou le Centre Antipoisons. Si vous suspectez un surdosage, il est nécessaire d’obtenir un avis médical, même si vous vous sentez bien, et ce en raison des risques de lésions du foie.

Un surdosage de paracétamol peut gravement endommager le foie de manière permanente, ce qui peut potentiellement être fatal.  Le foie joue, entre autres, un rôle dans l’élimination de substances toxiques telles que l’alcool ou les médicaments mais également dans le métabolisme énergétique des cellules. Lorsque les lésions du foie sont irréversibles, la transplantation représente l’unique chance de guérison.

Les premiers symptômes d’un surdosage en paracétamol sont des nausées, des vomissements, une perte d’appétit et des douleurs abdominales. Cependant, ces symptômes sont vagues et non spécifiques.

En cas de suspicion de surdosage, il est important de ne pas attendre l’apparition de symptômes. Les signes d’une atteinte du foie ne se produisent qu’après plusieurs heures ou plusieurs jours après l’ingestion. Plus un surdosage est détecté rapidement, plus il sera possible de mettre en place un traitement efficace dans les meilleurs délais.

Le traitement consiste à administrer de fortes doses d’acétylcystéine : cela ne peut se faire qu’à l’hôpital !

Quelle quantité de paracétamol peut-on prendre ?

  • Pour un adulte (de minimum 50kg), la dose maximale de paracétamol est de 4 g par jour (maximum 4 x 1 g ou 8 x 500 mg par 24 heures).
  • Chez l’enfant et chez l’adulte de moins de 50kg, la dose maximale par prise est de 10 à 15 mg par kilo de poids corporel, jusqu’à 4 fois par jour.
  • Si vous présentez certains facteurs de risque ou si vous utilisez le paracétamol sur une longue période, la dose maximale quotidienne peut être réduite. Il est conseillé de consulter votre médecin si vous avez des antécédents de problèmes hépatiques ou rénaux, si vous prenez des médicaments pour l’épilepsie, la tuberculose ou le VIH/SIDA, si vous consommez régulièrement de l’alcool, si vous souffrez de problèmes nutritionnels en raison d’une maladie ou d’un trouble de l’alimentation, ou si vous utilisez du paracétamol depuis plus d’un mois.

Il doit y avoir un intervalle d’au moins 4 heures entre deux prises (de préférence au moins 6 heures pour une dose de 1 g).

Si vous utilisez d’autres médicaments contenant du paracétamol, assurez-vous que la dose quotidienne maximale n’est pas dépassée. Mieux vaut éviter de combiner différents médicaments contenant du paracétamol pour prévenir un surdosage accidentel.

Quelles précautions prendre lors de la prise de paracétamol ?

Le traitement par le paracétamol doit être le plus court possible et doit être strictement adapté à la durée des symptômes. Si la douleur ou la fièvre dure plus de 3 jours, il vaut mieux consulter un médecin.

Respectez les doses

  • Pour les adultes (d’au moins 50 kg) : dose quotidienne maximale de 4 g (plus basse si vous avez des facteurs de risque ou si vous prenez du paracétamol à long terme !).
  • Pour les enfants et les adultes pesant moins de 50 kg : maximum 10 à 15 mg par kg de poids corporel par dose, maximum 4 fois par jour.
  • Intervalle d’au moins 4 heures entre deux prises (préférablement 6 heures pour une dose de 1 g).
  • Évitez l’utilisation simultanée d’autres médicaments contenant du paracétamol. Assurez-vous que la dose maximale n’est pas dépassée. Consultez les notices pour savoir si les médicaments contiennent du paracétamol.
  • Si la douleur et/ou la fièvre persistent plus de 3 jours, consultez préférentiellement un médecin.

 

Discutez de l’utilisation du paracétamol avec votre médecin si :

  • vous prenez d’autres médicaments ou si vous en avez pris d’autres récemment . Ceci peut prévenir une éventuelle interaction médicamenteuse.
  • vous prenez des médicaments contre l’épilepsie, la tuberculose, le VIH/SIDA, etc. Ces médicaments influencent le fonctionnement du foie et des reins.
  • vous consommez beaucoup d’alcool (plus de deux unités d’alcool par jour selon les recommandations, bien que cela varie d’une personne à l’autre). En raison d’une consommation chronique d’alcool, des dommages au foie peuvent survenir plus rapidement même avec de faibles doses de paracétamol.
  • Si vous suivez un régime hypocalorique, ou si, en raison d’une maladie vous mangez peu ou de manière non variée, ou si vous avez un trouble de l’alimentation.

 

Utilisation chronique

  • En cas d’utilisation chronique (plus d’un mois) de paracétamol, il est préférable d’être suivi par un médecin et de ne pas dépasser 3 g de paracétamol par jour. (Si vous avez des facteurs de risque, cette dose peut être encore plus basse : discutez-en avec votre médecin.)

Prévention

Soyez attentif aux risque de surdosage. Voici quelques situations typiques qui peuvent mener à un surdosage.

  • Maux de tête ou douleurs dentaires intenses conduisant à répéter les doses sans respecter d’intervalle suffisant entre les prises.
  • Ingestion involontaire par les enfants de sirop contenant du paracétamol.
  • Une combinaison de médicaments contenant du paracétamol. Certains médicaments contiennent uniquement du paracétamol tandis que d’autres combinent le paracétamol avec d’autres produits.

Le paracétamol est vendu sous différents noms commerciaux qui ne permettent pas de déduire si un médicament contient ou non du paracétamol. Consultez toujours les notices pour éviter ce genre d’erreur.

Par exemple, une consommation régulière de la combinaison Sinutab® et Dafalgan® peut conduire à un surdosage.

Voici quelques exemples de médicaments contenant du paracétamol en combinaison avec d’autres produits :

  • Algostase®, Dafalgan Plus Codeïne®, Excedryn Douleur & Fièvre®: paracétamol + caféine
  • Perdolan Compositum®, Troc®, Excedryn Migraine &Maux de tête®: paracétamol + acide acétylsalicylique + caféine.
  • Afebryl®: paracétamol + acide acétylsalicylique.
  • Brufen Plus Paracétamol®, Combophen®, Nuralgan®: paracétamol + ibuprofen.
  • Algocod®, Dafalgan Codeïne®: paracétamol + codeïne.
  • Zaldiar®, Algotra®: paracétamol + tramadol.
  • Médicaments pour la sinusite et le rhume: Sinutab® (paracétamol + pseudo-éphédrine), Rhinofebryl® (paracétamol + chlorphénamine)

Respectez la dose journalière maximale.

Lisez toujours la notice des médicaments pour savoir comment vous devez les utiliser et ce dont vous devez tenir compte.

En savoir plus ?

Le paracétamol est vendu sous différents noms commerciaux (Dafalgan, Panadol, Perdolan, Algostase,…) et différentes formes (sirops, suppositoires, comprimés, formes orodispersibles, formes effervescentes…). Il est disponible en pharmacie sans prescription médicale.

Note aux propriétaires d’animaux:

Les chats sont particulièrement sensibles à l’intoxication au paracétamol. Il est strictement interdit d’administrer tout médicament contenant du paracétamol à un chat. Même de petites doses peuvent provoquer des symptômes d’empoisonnement très graves, car les chats métabolisent l’acétaminophène en métabolites toxiques à un degré bien plus élevé que d’autres espèces. Ne donnez jamais d’acétaminophène aux chats !

(Bien que les chiens soient moins sensibles à l’acétaminophène que les chats, ils restent plus vulnérables que les humains. Par conséquent, il est crucial de ne jamais administrer d’analgésiques ou de médicaments destinés aux humains à vos animaux de compagnie.)

Version 10/2025